Rester assis huit heures par jour devant un ordinateur qui projette une lumière bleue, ce n'est pas notre vocation. Coincés dans les embouteillages, à regarder le clignotant de la voiture devant nous rester allumé pendant des centaines de mètres. L'odeur des gaz d'échappement se mêle à celle du café qui refroidit tandis que nous avançons péniblement dans le labyrinthe de béton des allées qui nous mènent à nos tâches. Serrer la cravate, desserrer la cravate. S'asseoir. Attendre.

Par une belle journée, notre esprit peut vagabonder au-delà des feux arrière, au-delà des panneaux de signalisation, et nous transporter dans le monde où nous sommes censés être. Le crissement des freins à plat disparaît, remplacé dans notre esprit par le chant d'un oiseau perché dans les arbres. Le souffle du vent d'un semi-remorque qui passe à toute vitesse cède la place à une douce brise et au bruissement des feuilles de tremble. Oui, en ces jours de grâce, notre esprit peut nous emmener là où nous avons toujours été destinés à être.

L'idée romantique de l'exploration imprégnait nos cours d'histoire. Christophe Colomb, Lewis et Clark, Neil Armstrong. Tous pensaient avoir vu quelque chose pour la première fois. L'aventure n'était pas un hashtag ou un slogan sur un t-shirt quand il s'agissait de tout charger dans un chariot et de partir à l'aventure vers l'inconnu. Pourtant, des milliers l'ont fait. Ils ont tout risqué pour la liberté de la terre ou de la mer. Pour avoir la chance de s'éloigner de la foule et de voyager seuls. Pour explorer, se trouver et recommencer à zéro. Les cartes qu'ils emportaient étaient encore incomplètes. Juste quelques lignes et beaucoup d'espace sur une feuille blanche.

Aujourd'hui, les cartes sont saturées. Il ne reste plus grand-chose à découvrir, mais cela n'entame en rien notre envie de voyager. L'esprit vagabond qui s'égare en semaine a besoin de s'adonner à ses rêveries le week-end. Ces visions de vallées et de montagnes en pleine ville prennent forme. La différence, dans le voyage d'aujourd'hui, réside dans le fait que la découverte n'est plus extérieure. Il ne s'agit plus de nouvelles terres, de nouveaux lacs ou de lieux où s'installer. Désormais, le voyage est intérieur. La découverte porte davantage sur…
Il s'agit de découvrir ses propres capacités plutôt que de partir à la découverte d'un monde nouveau. Il s'agit d'ouvrir un nouveau monde en soi. D'avoir la force de tout lâcher prise et de s'évader dans un autre monde, même pour quelques instants, quelques heures ou quelques jours seulement.

L'envie d'errer et d'explorer est tout aussi forte dans un monde plus restreint. Elle pourrait même s'intensifier. Respirer à pleins poumons l'air pur de la nature, fouler la terre douce plutôt que le béton… Les seules limites sont celles de nos capacités physiques, et non celles du temps. Cette nouvelle sensation d'errance est une source d'exaltation, un besoin de se ressourcer. L'envie irrésistible de s'éloigner toujours plus des contraintes de notre monde bétonné. C'est ainsi que nous choisissons de vivre. C'est ainsi que nous nous sentons vivants, et c'est pourquoi nous errons.

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Greg Sakowicz
Greg Sakowicz

Hi! My name is Greg Sakowicz, but I might be better known as the Fat Man. I started FatManLittleTrail.com a few years ago with the goal of inspiring other hefty hikers to get off the couch and make it to the trails! I only started hiking three years ago, but have fallen in love with the mental and physical benefits of being in the woods. I have hiked over 1,600 miles and over 275,000 feet of elevation gain, but there is one thing missing: backpacking!